
Audika et Amplifon sont les deux plus grands réseaux d’audioprothésistes en France. Audika, fondée en 1977, appartient au groupe danois Demant, qui fabrique aussi les appareils Oticon. Amplifon, d’origine italienne, opère dans plus d’une vingtaine de pays. Comparer ces deux enseignes revient à comprendre comment leur modèle économique et leur stratégie technologique influencent le choix des appareils auditifs, le prix payé et la qualité du suivi.
Groupe Demant contre groupe Amplifon : ce que la maison mère change pour le patient
La plupart des comparatifs alignent des listes de services sans expliquer pourquoi les deux enseignes ne proposent pas la même expérience. La réponse se trouve en amont, dans la structure de leur groupe respectif.
A lire aussi : Merchandising : que faut-il savoir ?
Audika est intégrée au groupe Demant, qui possède la marque d’appareils auditifs Oticon. Cette intégration verticale signifie qu’Audika a un accès privilégié aux produits Oticon, voire exclusif sur certaines références. Le revers : le catalogue proposé en centre penche naturellement vers cette marque, ce qui réduit la diversité de choix pour le patient.
Amplifon fonctionne différemment. Le groupe ne fabrique pas d’appareils auditifs. Il distribue les produits de plusieurs fabricants (Phonak, Oticon, Signia, entre autres) et développe en parallèle sa propre marque blanche, Amplienergy. Cette position de distributeur multi-marques offre, sur le papier, un éventail plus large. Avant de prendre rendez-vous, consulter un avis sur Audika ou Amplifon permet de mieux cerner les retours d’expérience sur cette différence de catalogue.
Lire également : Guide complet pour bien choisir et entretenir vos pneus auto et moto
La conséquence directe est simple : chez Audika, la recommandation de l’audioprothésiste sera souvent orientée Oticon. Chez Amplifon, la sélection dépendra davantage du profil de perte auditive, mais aussi des accords commerciaux négociés par le réseau avec chaque fabricant.

Applications et téléréglage : deux visions du suivi numérique
Le suivi à distance est devenu un critère de choix pour les personnes qui ne peuvent pas se rendre fréquemment en centre. Les deux enseignes proposent des solutions numériques, mais leur philosophie diverge.
Amplifon déploie sa propre application (Amplifon App) qui centralise les réglages à distance, les tests auditifs simplifiés et le contact avec l’audioprothésiste. L’objectif est de créer un écosystème unifié, quel que soit le fabricant de l’appareil porté. Ce téléréglage permet d’ajuster les paramètres sans rendez-vous physique.
Audika s’appuie sur les applications du groupe Demant, principalement Oticon Companion. L’expérience est performante sur les appareils Oticon, mais elle reste centrée sur la marque. Pour un patient équipé d’un appareil d’un autre fabricant disponible chez Audika, le suivi numérique sera moins intégré.
Le choix entre les deux dépend du rapport au numérique. Les personnes qui veulent une interface unique gérée par leur enseigne trouveront l’approche Amplifon plus cohérente. Celles qui privilégient la technologie Oticon bénéficieront d’un suivi très fin via l’écosystème Demant chez Audika.
Appareils auditifs de classe 1 et classe 2 : un comportement commercial différent
Depuis la mise en place complète du dispositif 100 % Santé, deux catégories d’appareils coexistent. La classe 1 regroupe les aides auditives sans reste à charge, intégralement prises en charge par la Sécurité sociale et la complémentaire santé. La classe 2 correspond aux modèles plus récents ou dotés de fonctionnalités avancées, avec un reste à charge variable.
Des analyses de l’UFC-Que Choisir et de la Drees ont mis en lumière une tendance : les grands réseaux ont davantage orienté leurs ventes vers la classe 2 que les audioprothésistes indépendants, qui restent plus actifs sur la classe 1. Cette observation concerne aussi bien Audika qu’Amplifon.
Pour le patient, la question à se poser est précise : l’appareil de classe 2 proposé apporte-t-il un bénéfice auditif mesurable par rapport au modèle de classe 1, ou la différence porte-t-elle surtout sur le confort accessoire (connectivité Bluetooth, recharge sans fil, design) ? L’audioprothésiste doit pouvoir justifier la recommandation de classe 2 par un test comparatif en cabine.
- Demander systématiquement à essayer un appareil de classe 1 avant de valider un modèle de classe 2, même si l’audioprothésiste ne le propose pas spontanément.
- Comparer le devis normalisé remis par chaque enseigne : il détaille le prix de l’appareil, le coût du suivi sur quatre ans et le reste à charge exact.
- Vérifier si le centre propose des marques variées en classe 1, car certains réseaux limitent le choix à une ou deux références dans cette catégorie.
Parcours de soins et coordination avec l’ORL : un angle sous-estimé
Le choix d’une enseigne ne se résume pas à l’appareil. Le suivi audioprothésiste-ORL conditionne la qualité de l’appareillage dans la durée, surtout pour les pertes auditives évolutives.
Audika a développé une stratégie de parcours de soins intégrés, portée par le groupe Demant. L’enseigne met en avant une coordination renforcée avec les ORL, notamment pour le télésuivi des patients malentendants chroniques. Cette approche structure le suivi sur plusieurs années, avec des bilans réguliers partagés entre le centre et le médecin prescripteur.
Amplifon mise davantage sur la relation directe entre le patient et l’audioprothésiste en centre, avec un accès aux données via l’application. La coordination avec l’ORL existe mais repose moins sur un protocole formalisé par la maison mère.

En pratique, la qualité du suivi dépend autant de l’audioprothésiste individuel que de l’enseigne. Deux centres Audika ou deux centres Amplifon dans la même ville peuvent offrir des niveaux de service très différents. La proximité géographique et la disponibilité du professionnel comptent au moins autant que le nom sur la vitrine.
- Lors du premier rendez-vous, évaluer si l’audioprothésiste prend le temps d’analyser l’audiogramme ORL en détail ou se contente d’un test rapide en cabine.
- Demander comment se déroule le suivi à six mois et à un an : nombre de rendez-vous inclus, possibilité de téléréglage, délai pour obtenir un créneau.
- S’informer sur la politique de remplacement en cas de panne : appareil de prêt, délai de réparation, prise en charge pendant la garantie.
Le réseau d’Audika compte environ 600 centres en France, celui d’Amplifon environ 700. Cette densité comparable signifie que le critère géographique départagera rarement les deux enseignes dans les zones urbaines. En zone rurale, vérifier la présence effective d’un centre à moins de trente minutes reste le premier réflexe avant toute comparaison de marque.
Choisir entre Audika et Amplifon revient finalement à arbitrer entre un écosystème technologique intégré autour d’Oticon et un modèle multi-marques piloté par une application propriétaire. Le dispositif 100 % Santé garantit un appareillage sans reste à charge dans les deux cas, à condition d’exiger l’essai d’un appareil de classe 1 avant de signer.